Les chevaux retrouvent des emplois en ville

Balayer, ramasser les ordures, transporter les voyageurs: les chevaux reprennent le collier en ville face à une demande croissante des municipalités en quête d'énergie non poluante.

(© AFP photo AFP)

Une trentaine de villes ont déjà misé sur "l'énergie cheval". Près de Paris, la municipalité de Maisons-Laffitte (Yvelines), considérée comme la cité du cheval avec ses 1.500 équidés et son hippodrome, veut donner du travail aux chevaux de trait dans la "totalité des usages possibles", explique à l'AFP Luc Delas, président de l'association Equiterra.

Selon les utilisateurs, les applications de cette énergie non polluante sont multiples et surtout écologiques, dans l'esprit du développement durable.

Pionnières dans l'utilisation des chevaux pour la collecte des déchets, issus du tri sélectif, les villes de Beauvais, Troyes et Trouville, s'accordent à reconnaître que "les véhicules hippomobiles sont maniables, génèrent peu de nuisances sonores et visuelles". De plus, les attelages, qui peuvent porter jusqu'à huit poubelles, provoquent "une grande sensibilisation des usagers car le cheval jouit d'un capital sympathie".

Pour l'entretien des espaces verts, l'animal rivalise d'efficacité avec les tracteurs et les tondeuses à moteur. "La tonte régulière d'espace engazonnés avec une tondeuse hélicoïdale tirée par des chevaux préserve les sites du tassement des sols et le bilan carbone est positif", explique Hervé Honoré, de la Bergerie nationale de Rambouillet, qui travaille avec d'athlétiques cobs normands.

Selon les professionnels de l'attelage, le cheval de race ardennaise, réputé pour sa force, sa docilité et sa marche lente, est adapté au transport des touristes et au hersage des pistes cavalières et aires sablées.

Le cheval trouve aussi "une utilisation moderne" dans "la classe du trait", une activité scolaire proposée à Beauvais par l'association Equiterra dans le cadre de son action en faveur de réintroduction du cheval en milieu urbain. Des animations pédagogiques autour du cheval de travail enseignent aux enfants le civisme et le respect dans la relation homme-animal, raconte M. Delas.

"Véritable patrimoine vivant français avec ses neuf races différentes, le cheval lourd ou de trait est toujours menacé de disparition si son retour au travail n'est pas pérenne", s'inquiète M. Delas. Lui-même formateur en attelage, il voit dans "l'énergie cheval" une solution d'avenir et non "une énergie fossile".

"Aujourd'hui en France, sur 100 naissances de poulains de trait, 88 sont encore destinés à la viande et les autres trouvent un emploi dans le secteur du loisir ou au travail attelé, rappelle M. Delas. De plus, selon lui, les métiers et les savoir-faire de la filière équine sont également appelés à disparaître si l'on ne remet pas le cheval au travail de manière moderne et durable.

"Il y a toujours un problème culturel lorsque l'on réintroduit le cheval en ville, on a toujours l'impression que l'on va revenir en arrière et qu'on va utiliser un moteur folklorique. Il faut absolument changer les mentalités pour que le cheval retrouve toute sa place", affirme Luc Delas.

D'un point de vue économique, le retour au travail du cheval en ville peut se faire avec un minimum de coût, selon Richard Navez, adjoint au maire de Maisons-Laffitte, en charge du dossier "Energie cheval". "Les matériels des collectivités tractés par les voitures, les camions et les tracteurs sont presque tous adaptables aux avant-trains des attelages des chevaux", dit-il ajoutant que "l'utilisation du cheval en ville est aussi un atout touristique".

© 2009 AFP

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